• My Sweet Love (chapitres corrigés & mis en forme)

    My Sweet Love (chapitres corrigés & mis en forme)

     

    Je suis née dans une plaine glacée, il faisait froid et ce paysage blanc s'étendait à perte de vue. Cette surface de glace gelait peu à peu les entrailles de la terre, au point d'atteindre mon coeur ; je deviens moi aussi de la glace. Être glacial que je devenais...Vais-je me transformé en un bloc de glace inerte ?

    Mais un jour tu es venu auprès de moi. Le simple fait de te voir sourire faisait fondre peu à peu cette plaine glacée, et au fil du temps a laissé place à un sublime paysage verdoyant plein de vie et de fraîcheur.

    Cependant, tu es parti à l'autre bout du monde, loin de moi... Ce beau paysage qui avait fleuri suite à mon amour envers toi va-t-il dépérir en ta douloureuse absence ?

     

     

     

    Chapitre 1

    Une nouvelle année... et un nouvel élève

     

     

              Taille moyenne, yeux bleus, châtain clair et de corpulence normale ; voilà comment je peux me décrire. Mes parents m'ont nommé Minato Himura, je n'ai jamais apprécié ce prénom mais plus jeune quelqu'un me l'avait fait aimer, mais cette personne n'est plus là alors je ne l'aime plus. Cet individu était très important à mes yeux, mais il a dû partir à l'étranger car son père avait trouvé un emploi en Angleterre. Malgré que cet ami soit important pour moi, j'ai oublié son nom... sans doute pour l'oublier lui, tout comme ma peine... Même son visage s'est effacé de ma mémoire...

              Mais ne parlons pas d'un douloureux passé, aujourd'hui j'ai dix-sept ans et je rentre en terminale ! Je n'aime pas spécialement les cours mais je me débrouille assez bien. C'est donc avec plaisir que je me rendis à pied à mon lycée non loin de chez moi, les vacances étant trop longues à mon goût, la reprise des cours ne pouvait être que positif.

              Marchant en toute tranquillité dans la rue, admirant les cerisiers en fleur et leurs pétales dansants dans la douce brise matinale, je me sentis transporté sans faire attention à ce qui m'entourait. Admiratif devant cette vue rosâtre qui s'offrait à moi, je ne me rendis pas compte que quelqu'un était devant moi, je lui fonçai dedans et me retrouvai les fesses par terre. Je n'ai rien vu venir, et avant même que je comprenne, la personne devant moi me tendit la main et prononça quelque mot avec un beau sourire :

     

    « Je suis désolé je ne regardais pas où j'allais, tu ne t'ai pas fais mal ?

    - Non tout va bien je te remercie c'est moi qui m'excuse, j'étais dans la lune.

    - Ah ah je comprends. Je te dis à la revoyure, bonne journée !» dit l'homme à Minato en affichant de nouveau son sourire. 

     

              Cet homme était un lycéen tout comme moi. Des cheveux d'ébène faisaient ressentir ses yeux presque rouges et sa peau clair allait à merveille avec son sourire. Je n'avais pas vu de personne aussi sympathique depuis longtemps, lorsqu'il parle nous sentons que nous pouvons lui faire confiance. Mais je ne devais pas m'attarder sur cette rencontre hasardeuse, je devais me dépêcher de me rendre au lycée afin de trouver dans quelle classe je fais désormais partie !

              Je n'ai pas eu besoin de marcher pendant très longtemps pour arriver à mon lycée, en dix minutes j'y étais. Malgré que j'ai pris de l'avance, il y avait foule devant les fiches des promotions... Par chance je trouvai assez facilement mon nom, je me trouvais dans la classe "T-3". Contrairement aux autres élèves je n'ennuyais pas mon monde à regarder qui se trouvait dans mon groupe scolaire, j'ai toute l'année pour voir après tout. Après consultation de la fiche je me rendis en salle C-128, là où tous les élèves de T-3 devaient se réunir. Je vis alors tous mes camarades de classe, dont une que je connais assez bien. Lycéenne plutôt mignonne, avec des formes très généreuses, blonde aux yeux bleus ; elle s'apelle Mami Mikazuchi. D'ailleurs, une fois que je m'étais installé à une place au fond, elle s'approcha de moi et commença à me parler :

     

    « Oh mais c'est Minato ! Nous sommes de nouveau dans la même classe, depuis trois ans qu'on est ensemble ! C'est rare dis donc !

    - Oui c'est vrai, d'un certain côté ça me rassure de voir qu'une connaissance fait partie de ma classe !

    - Moi aussi. Quand je vois la tête de nos camarades... Ils ne doivent pas en mener bien large...

    - Mami ! Tu ne les connais pas encore !, prononça Minato en rigolant.

    - Et je ne veux pas les connaître davantage hihi !» répondit la jeune lycéenne en plaisantant.

     

              Mami a toujours été une fille que tout le monde aime, gentille, serviable, souriante, ouverte d'esprit, elle inspire la confiance de tous ceux qui l'entourent. Je l'ai connu à mon entrée au lycée, on cherchait tous les deux la salle de cour, et on a réalisé qu'on était dans la même classe ; depuis nous sommes toujours fourrés ensemble. Elle s'était installée à côté de moi, mais nous n'avions pas le temps de bavarder, notre professeur principal était là ! Il s'agissait de M.Sawano, un professeur d'économie assez sympathique selon les rumeurs. Avant de nous distribuer la paperasse habituelle de la rentrée il appela un nouvel élève à se présenter. Notre lycée étant assez petit, tout le monde se connaît au moins de vu, alors si un nouvel élève arrive dans la promotion, nous le remarquons assez vite. Je vis s'avancer cette élève qui se dirigea vers le devant de la salle, lorsqu'il dévoila son visage, je le reconnus de suite ! Il s'agissait du garçon que j'avais bousculé dans la rue en me dirigeant ici ! Je trouvais cette coïncidence assez ironique... bref, je l'écoutais se présenter :

     

    « Bonjour tout le monde, je me présente. Je suis Shigure Akimitsu, je suis née au Japon mais j'ai vécu dix ans en Angleterre. Au niveau scolaire je déteste les mathématiques mais j'adore les langues et le sport. J'adore également les beignets fourrés à la pâte de haricot rouge également ! Sinon je suis très ravi d'avoir rejoint cet établissement qui m'a l'air super, je compte sur vous pour me faire visiter ! »

     

              Dans son discours il était souriant, tout comme notre première rencontre on ressent la confiance émanée de lui, je pense qu'il se fera de nombreux amis. Mais lorsqu'il est retourné à sa place il m'a regardé d'un regard perçant, j'en ai eu des frissons...

    J'oubliais vite ce ressentit et je me concentrais sur tous ces papiers qu'on nous avait encore distribués. Depuis le collège on doit remplir des formulaires ennuyeux, mais c'est toujours mieux que d'étudier dès le premier jour. À ma grande surprise notre emploi du temps n'était pas très chargé, on finissait relativement tôt l'après-midi, mais en contre-partie les horaires de la matinée étaient très blindés.

              Après trois longues heures, nous étions enfin libre pour la matinée, mais les cours débutés l'après-midi... Je rangeais tranquillement mes affaires lorsque Shigure est arrivé devant moi. Il me demandait si j'allais bien depuis ma petite chute de ce matin, je le rassurai assez rapidement. Par la suite je lui expliquai les fonctionnalités de notre lycée, mais je n'osais pas le regarder dans les yeux... Mais lorsque j'avais terminé mes explications, je lui demandai s'il avait compris et je ne put m'empêcher de le regarder droit dans les yeux. Sans que je ne puisse comprendre pourquoi, j'eut un flash me rappelant  mon enfance avec mon ancien ami ! Mais cette perturbation dans mon esprit me fit perdre connaissance... je me sentis tombé, ou plutôt aspiré dans un trou noir avant de m'évanouir sur mon bureau...

     

     

     

    Chapitre 2

    Je t'ai enfin retrouvé

     

     

              Où suis-je ? Cet espace blanc est à la fois doux et soporifique... Ah je vois je dois rêver. Mais pourquoi je rêve ? Pourquoi je me rend compte ? C'est bizarre je me vois enfant, je devais avoir sept ou huit ans. Je me vois petit en train de pleurer, pourquoi ? Et qui est cet autre personne qui vient vers moi pour me consoler ? Il me parle mais je ne l'entends pas, seuls mes pleurs atteignent mes oreilles... son visage est flou... qui est cet individu ? Il me parle et me réconforte, je vois il s'agit de mon précieux ami d'enfance. J'observe cette scène assez étrange... c'est bizarre de se voir petit en compagnie d'autrui... Oh ! Une phrase résonne dans ma tête, quel drôle d'effet... elle me dit : « Même si je suis loin de toi je serai là et je te protégerai, alors n'ait plus peur ». Pendant que cette phrase prononcée avec la plus grande douceur résonnait en moi... je vis le petit garçon mettre sa main à l'emplacement de mon coeur... sur mon jeune buste... Non ça ne peut pas... Si ! Ce garçon est...

              Je me réveillai soudainement dans le lit de l'infirmerie, à mes côtés il y avait Mami et Shigure qui semblait inquiet pour moi. Lorsque j'aperçois mon camarade j'eus de nouveau une sensation de vide et j'eut du mal à respirer. Me levant d'un bond du lit et en poussant Shigure, je courus vers le couloir et j'empruntai l'escalier menant à la terrasse sur le toit du lycée. Mais ce que je ne savais pas c'est qu'à mon départ Shigure serra ses poings très forts. Serrant le grillage mon esprit ne savait plus quoi faire... pourquoi ce rêve ? Pourquoi maintenant ? Avant de pouvoir tirer une conclusion Mami me rejoignit sur le toit, très inquiète elle s'approcha de moi pour me dire quelques mots :

     

    « Minato... Tu vas bien ? Tu es bizarre depuis ce matin...

    - Oui je vais bien, je suis juste un peu tourmenté...

    - Tu sais que je suis là pour toi Minato, prononça Mami en enlaçant ses bras autour de son ami.

    - Mami je sais ce que tu veux. Je te l'ai déjà dit je ne suis pas intéressé par les filles. Je suis plutôt tourné vers les garçons.

    - Oui je sais, depuis tout petit déjà. Ton ami d'enfance t'a fait beaucoup d'effet. 

    - Bon ça suffit ! Il était juste très important pour moi, il n'a rien à voir avec mon orientation sexuelle ! »

     

              Mami savait tout de moi, ce n'était pas un secret pour elle que j'étais homosexuel. Mais elle avait raison sur certaines choses, je pense que mon ami d'enfance avait tellement était attentionné avec moi que j'ai dû éprouver de l'amour pour lui. C'est en étant un peu plus serein que je quitte le toit avec Mami, mais j'aperçus Shigure près de l'escalier... Je ne l'ai pas blâmé, après tout il est nouveau et il ne connaît personne, il essaie juste de se faire apprécier. Nous avons donc passé le déjeuner tous les trois ainsi que l'après-midi, mais sans savoir pourquoi je restais éloigné de Shigure, je me sentais bizarre quand je lui parlais.

              Lorsque la première journée était terminée je ne me rendis pas chez moi, afin de me changer les idées après cette drôle de journée, je décidai d'aller sur une belle colline verte qui donnait une très belle vue sur la mer qui était non loin de là. Cet espace était très beau : des fleurs coloraient le paysage, la brise douce et fraîche était très agréable et le calme régnait. J'étais assis en admirant l'infini bleu devant moi, j'essayais de comprendre ce qui m'arrivait depuis ce matin. Soudainement je sentis une présence, je me retournai et je vis Shigure qui se joignit à moi. Assis à côté de moi il commença à me parler avec un ton calme tout en regardant lui aussi la mer :

     

    « Tu n'étais pas trop en forme aujourd'hui. Tu as ces réactions à chaque rentrée scolaire ?

    - Non d'ordinaire tout se passe bien. Je suis juste un peu perturbée en ce moment.

    - À cause des examens de fin d'année ?, se demanda le jeune homme.

    - Oh non pour les examens je vais m'en soucier dans quelques mois. Non c'est juste mon passé qui me travaille un peu, répondit Minato avec un air assez triste.

    - Je comprends, le passé non rattrape lorsqu'on s'y attend pas. Mais c'est également notre passé qui est le fruit de ce qu'on est aujourd'hui, n'est-ce pas ?, demanda Shigure en souriant.

    - Oui c'est vrai tu as raison.» dit Minato en souriant à son tour.

     

              Pour la première fois depuis ce matin je me sentis apaisé à ses côtés. Mais il se faisait tard et je devais rentrer chez moi, mais alors que je commençai à me lever Shigure m'attrapa le poignet et me tira vers lui. Je me trouvai allongé sur lui sans qu'il ne lâche mon poignet, je ne compris pas du tout ce qui se passer mais je ne bougeais pas, mon regard était aspiré par le sien. C'est alors qu'il prononça avec une douce voix : « Tu ne te souviens vraiment pas ? ». Devant ces mots je réalisai instantanément qu'il s'agissait de mon ami d'enfance ! Si j'étais patraque c'est sans doute car il était de retour. Je me redressai avant de m'asseoir devant lui, je ne pus empêcher les larmes de couler tellement j'étais heureux de le retrouver. Il me réconforta en essuyant mes larmes :

     

    « Tu m'as peut-être oublié mais moi je ne t'ai jamais oublié Minato.

    - Je n'ai pas voulu t'oublier : C''est juste que je souffrais en ton absence... c'était la seule façon que j'avais pour ne plus avoir mal...

    - Petit je t'ai promis que je serai toujours là pour toi.» dit Shigure en posant sa main à l'emplacement du coeur de Minato qui ne pouvait pas s'exprimer devant son ami, ressentant trop de joie.

     

              J'avais enfin retrouvé cet ami qui m'a changé. Sur le chemin du retour il m'expliqua qu'il était revenu au Japon pour ses études, ainsi que pour me revoir. Après avoir discuté de tout et de rien je lui proposai de passer quelques jours chez moi pou éviter de payer l'hôtel, il n'avait pas eu de chambre dans une résidence d'étudiants. C'est donc en rigolant sur notre rencontre que nous sommes rentrés à la maison. Mes parents n'avaient pas oublié Shigure alors ce fût une joie immense pour eux de le retrouver, le dîner c'est d'ailleurs déroulé dans la bonne entente. Nous n'avons pas de chambre d'amis chez moi mais la mienne était suffisamment grande pour mettre un futon au sol, nous installons donc le lit de Shigure qui allait loger plusieurs jours chez nous. 

    La soirée ne fait que commencer, comment tout ça va-t-il se passer ?

     

     

     

    Chapitre 3

    Ne me domine pas...

     

              Nous étions paisiblement installés sur des cousins, sur le sol de ma chambre. Afin de rattraper ces dix années perdues, j'avais décidé de montrer diverses photos de moi durant cette période. Photo en vrac : voyage scolaire, vacances ou alors photo familiale, je prenais un grand plaisir à montrer tant de souvenirs à Shigure. Nous avons donc voyagé à travers le temps grâce aux nombreux albums que je possédais, un doux bien-être s'emparer de moi durant ce moment où nous étions très complices. Une fois notre activité terminé, Shigure remarqua une étagère juste derrière lui qui était rempli de mangas, il s'était même levait afin de voir les séries que je possédais. Mais il remarqua que la moitié de ma collection était du yaoi, des mangas mettant en scène des relations homosexuelles. Alors qu'il regardait attentivement ma collection, je décidai de briser ce silence :

     

    « Je suis un très grand fan de manga. J'aime les collectionner car je sais que je le regretterai si je les jetais. Pour moi les mangas m'ont aidés à traverser certaines épreuves difficiles.

    - Je vois, tu as une passion vraiment sympa, moi aussi je lis des mangas mais je ne les collectionne pas. À ce que je vois tu es un grand adepte de yaoi ? »

     

              Je ne lui répondis pas, ayant du mal à assumer mon orientation sexuelle, je ne voulais pas avouer ça devant lui. Alors j'allais me lever afin de trouver quelque chose à faire, Shigure se mit sur moi en plaquant mes mains au sol pour m'immobiliser. Son corps était collé au mien, je sentais les battements de son corps et son souffle dans mon cou, il se mit à me lécher délicatement la nuque afin de me mordiller l'oreille par la suite, et finit par me chuchoter : « Il faut assumer ce que l'on est à l'intérieur de soi ». Je ne savais pas comment réagir, j'étais figé, mais je ne voulais pas me retirer car le corps de Shigure en contact avec le mien était... un doux plaisir. Mais je repris mes esprits lorsque ma mère frappa à la porte, Shigure se retira de moi aussi vite qu'il était venu. Ma mère voulait juste savoir si mon ami avait tout ce qu'il fallait... une intervention inutile mais qui m'avait permis de fuir cet événement embarrassant. Lorsqu'elle partit, je décidai qu'il était l'heure de dormir, mais Shigure n'était pas fatigué. Par peur qu'il recommence à adopter un étrange comportement, j'éteignis la lumière et me mis au lit, l'obligeant à dormir à son tour.

              Avant qu'il aille plus loin la mère de Minato va frapper à la porte pour demander à Shigure s'il a tout ce qui faut. Par la suite Minato va forcer Shigure à dormir.

    Je sens un souffle sur mon visage... tes bras m'enlaçant avec tendresse et avec sauvagerie à la fois... un plaisir sexuel intense... le visage essoufflé de Shigure devant moi et ses soupirs silencieux... Je me réveillai très rapidement en comprenant que ces sensations n'étaient que pure imagination de ma part à travers un rêve érotique. Fixant mon ami allongé non loin de moi, je réalisai au plus profond de moi que j'étais amoureux de lui... Même endormie il occupe mes pensées. Je me rendormis, comme si cette constatation, je le savais depuis toujours.

              À l'aube d'un jour nouveau, les oiseaux chantaient déjà leur douce mélodie tandis que je dormais profondément tout comme mon ami. Ma mère, tel un papillon qui se pose sur une fleur, nous réveilla avec une grande douceur, de quoi bien commencer la journée. J'émergeais doucement de cette nuit étrange et en voyant le visage endormi de Shigure, je pris la décision de lui cacher mes sentiments pour lui. Cette résolution n'avait rien d'anodin, je ne savais pas comment fonctionner une relation homosexuelle, ni quel sera sa réaction, après tout il est peut-être hétéro. De toute manière lorsque je vois les critiques qui circulent dans mon lycée, je ne veux pas être jugé par mes camarades car j'aime les hommes, la seule personne en qui j'ai confiance est Mami, c'est d'ailleurs pour ça qu'elle est la seule au courant. Je laissai Shigure aller se doucher avant moi de façon à préparer avec ma mère le déjeuner, mais il fût vite lavé alors je ne me suis pas rendu très utile. Pendant le petit déjeune je fusse très surpris de voir mon ami aussi à l'aise, il n'était avec nous que depuis très peu de temps et il était très posé. Je pourrais dire que ce petit déjeuner était très savoureux, mais ce n'était pas grâce à ce que j'avais mangé : le sourire de Shigure qui illuminait ce début de journée était magnifique, je n'avais pas réussi à décrocher mon regard de son visage.

              Nous avions pris le chemin vers le lycée, le temps était humide c'était très désagréable. Mais j'oubliais vite ce détail en écoutant Shigure me raconter des histoires de sa vie en Angleterre, il a même eu l'occasion d'aller à Paris ! Ses histoires m'intéressaient beaucoup mais ce que je préférais était t'entendre ses mots caresser mes oreilles, quel doux plaisir ! En arrivant au lycée nous rejoignons les autres afin d'assister à toute une matinée consacrée aux mathématiques : nous devions rattraper des heures de cours. Avant les cours étaient longs, mais au côté de Shigure le temps passe vite, même en cours nous rigolons et nous nous sourions, être au lycée n'est plus un fardeau pour moi. Afin de profiter du temps qui venait de s'éclaircir, nous avons décidé de manger su le toit du lycée avec Mami, d'ailleurs les fous rires étaient au rendez-vous lorsqu'on voyait son panier-repas à l'effigie de M.Sawano, un professeur constamment soumis à ses élèves. Ce fût l'un des meilleurs midi que je n'avais jamais vécu, l'ambiance était si sereine qu'on en aurait oubliée le stresse quotidien de la vie d'étudiant.

              Après ce déjeuner fort sympathique toute la classe se rendit dans le gymnase du lycée, les garçons et les filles étaient dans des vestiaires séparés. Je profitai de cette occasion pour montrer un peu le bâtiment à Shigure qui ne le connaissait pas, il me confia qu'il était surpris de voir un gymnase si bien entretenu. Dans les vestiaires on pouvait entendre les garçons de ma classe rigoler sur des choses complètement ridicules, avec Shigure on se lançait des regards en se moquant d'eux. Je ne pus m'empêcher de regarder le beau corps de mon ami pendant qu'il enfilait sa tenue de sport, mon regard discret examiner dans les moindres recoins le corps qui se tenait devant moi, même les endroits les plus inattendus. Mais soudainement je me sentis gêné d'épier mon camarade de la sorte. Comme si de rien n'était je partis rejoindre le cours de sport, mais même durant l'échauffement je n'arrivai pas à contrôler mon regard qui se dirigeait constamment sur Shigure... je ne suis pas du genre à faire cela... alors pourquoi je n'arrive pas à me contrôler ? Après une bonne demi-heure de course je me rendis dans les vestiaires dans le but de me désaltérer, à ma plus grande surprise Shigure était là lui aussi car il m'avait suivi. Avant que je ne puisse prendre une gorgée d'eau il entama la conversation :

     

    « Tu ne vas pas bien Minato ? Enfin je veux dire, depuis que le cours a commencé j'ai l'impression que tu m'évites. Il y a un problème ?

    - Non ne t'inquiète pas il ne se passe rien, retournons au cours.»

     

              Je lui avais répondu sans le regarder, j'avais bien trop honte de moi ! Soudainement Shigure me plaqua contre le mur, son corps se rapprocher puis ils sont rentrés en contact. Ayant une tenue assez légère pour le cours, je sentais sa peau sur la mienne, cette sensation était à la fois exquise et terrifiante. Gêné, je me suis mis à rougir, mais il me fit un sourire qui m'avait fait comprendre qu'il trouvait ça mignon... avant que je puisse réagir il m'embrasse délicatement dans le cou en serrant mes poignets contre le mur. De plus en plus sensuel j'essayais de le pousser mais sa force me dominait complètement puis, tout d'un coup je me suis mis à crier : "Arrête ça !". Surpris il relâcha son étreinte, je me mis à courir vers l'extérieur du gymnase, complètement submergé par mes émotions. Désemparé, je m'étais mis à pleurer la tête dans mes genoux... Shigure m'ayant suivie assista à cette scène des plus pathétiques. Il s'assit à côté de moi et s'excusa, je sentis dans sa voix qu'il regrettait beaucoup ses actes... il retournait au cours et même si je ne le voyais pas je sentais qu'il avait honte de ce qu'il avait fait.

              Après cette journée de cours assez spéciale, je m'étais rendu compte que Shigure était rentré seul, il avait emprunté un autre chemin. Sur le moment je me suis dit qu'il était surement mal après ses actes, mais au fond ce n'est pas plus mal, je ne veux pas qu'il recommence à faire ce genre de chose... Lorsque je suis rentré ma mère m'avait dit qu'il était parti faire ses devoirs dans le salon, pendant le dîner nous nous parlions presque pas et nous nous sommes couchés en ne s'adressant qu'un simple "bonne nuit". Le lendemain matin l'ambiance était toujours aussi tendue, nous sommes partie au lycée à des heures différentes en empruntant chacun son propre chemin. Lorsque je suis arrivé au lycée Shigure n'était pas là, mais il ne tarda pas à arriver. Il s'installa à côté de Mami tandis que je discutais avec un camarade de classe. Ce que je ne savais pas c'est que Mami commença une discussion avec Shigure :

     

    « Hier Minato ne semblait pas bien, et vous semblez plus éloignés.

    - J'ai... J'ai fait des choses qui n'ont pas plu à Minato... Je n'ai pas su me contrôler...

    - Tu sais je connais bien Minato. Plus jeune il ne se sentait pas bien dans sa peau, mais un jour un garçon est devenu son ami, son seul ami. Il l'admirait beaucoup et ne pensait qu'à lui. Mais un jour cette personne est partie et depuis Minato n'arrive plus à s'épanouir, du moins c'est ce qu'il m'a raconté.

    - Je suis au courant pour cet ami..., prononça Shigure en sachant que cet individu n'était autre que lui-même.

    - Mais il y a 2 ans, une tragédie s'est passé..., avoua Mami en prenant un air rempli de tristesse.

    - Ah laquelle ?

    - Tatsuki est morte... C'était la petite amie de Minato, ils étaient ensemble depuis trois ans. Ça a été un véritable choc pour lui... il m'a confié qu'il l'aimait mais pas autant qu'il l'affirmait. En vérité Minato aime les hommes, il a essayé de combler le vide de cet ami disparu avec Tatsuki, mais il s'en veut beaucoup de n'avoir pu dire la vérité à cette jeune fille qui ne vivait que pour lui... Depuis cet événement Minato ne s'est jamais rendu sur la tombe de Tatsuki, sans doute car il a encore honte et n'accepte pas son côté homosexuel. De ce fait, il lui est impossible de se recueillir, selon lui l'âme de Tatsuki va se sentir trahit s'il accepte sa véritable nature.

    - Ah je vois... il ne trouve pas la paix intérieure...»

     

              Une fois leur discussion terminée, chacun prit sa place. Shigure m'avait regardé un court instant avec un regard rempli de compassion, que lui a raconté Mami ? La journée passa sans que nous nous parlions, mais comment en est-on arrivé là ? Nous étions si heureux de se retrouver... et pourtant nous prenons nos distances juste à cause d'une perte de contrôle... Comme si mon inquiétude avait été entendue, Shigure avait fait la route vers la maison avec moi, il était encore distant mais au moins nous étions ensemble. Les devoirs n'attendaient pas alors nous avons filé dans ma chambre pour faire nos exercices d'économie. C'est en regardant plusieurs fois Shigure que je m'étais rendu compte qu'il observait souvent mon bureau, cherche-t-il quelque chose ? Il se leva brusquement et n'hésita pas à me poser des questions :

     

    « Oh elle est mignonne qui est-ce ?

    - Personne. »

     

    Répondant sur un ton froid en abaissant la photo, je me remis à mes devoirs, ce qui était bien plus important que de débattre sur une image. Cependant, à ma plus grande surprise, mon ami avait pris ma tête entre ses mains et me regardait fixement, pour au final se mettre à genoux et me présenta ses plus plates excuses pour ses actes passés. Pour la première fois de la journée c'est moi qui ouvris la bouche :

     

    « Ce n'est pas grave... La personne à blâmer ici ce n'est pas toi mais moi...

    - Mais tu n'as rien fait de mal !

    - Cette fille est morte il y a 2 ans. Et celui qui l'a tué... c'est moi...»

     

    Je prononçais ces paroles en montrant la photo à Shigure, afin qu'il réalise quel monstre je suis réellement...

     

     

     

    Chapitre 4

    Ma libération sous les pétales de fleurs de cerisier

     

    « Cette fille est morte il y a 2 ans. Et celui qui l'a tué... c'est moi...». Ces mots, je les ai prononcés devant Shigure. Ça ne se voyait surement pas mais un gros sentiment de honte et de dégoût envers moi-même peser sur moi. Comment va-t-il réagir en entendant mes paroles ? Va-t-il avoir peur de moi ? Me fuir ou bien se méprendre ? D'un ton inquiet il brisa mes pensées et me parla avec inquiétude :

     

    « Mais ne dis pas n'importe quoi Minato ! Qu'est-ce qui s'est passé ?

    - Elle s'appelait Tatsuki, on sortait ensemble à l'époque. Elle était folle amoureuse de moi, j'occupais ses esprits même dans son sommeil, elle était une personne formidable. Devant tant de gentillesse je ne pouvais pas lui faire prendre un visage malheureux, alors je lui disais sans cesse que mon amour pour elle était bien plus grand que le sien envers moi, or je l'aimais mais pas autant que je l'affirmais. Avec le temps j'ai compris qu'elle était une petite soeur pour moi, mais je ne voulais pas lui révéler la vérité sinon son coeur se serait meurtri. 

    - Je comprends mais... pourquoi dis-tu qu'elle est morte à cause de toi ?

    - Au bout d'un certain moment, j'avais réalisé que je n'aimais pas les filles mais les hommes. Du coup je prenais mes distances parfois afin de ne pas empirer la situation. Un jour, elle m'avait demandé de dormir à la maison car elle ne voulait pas aller passer un week-end chez ses grands-parents, mais connaissant Tatsuki je sais qu'elle aurait tenté des choses si elle était venu. J'avais donc inventé une excuse pour qu'elle parte en week-end... mais... 

    - Mais ?, se demanda Shigure, inquiet en vue de ce que Minato allait lui révéler.

    - En allant chez ses grands-parents... la voiture où était Tatsuki a été percuté par un camion... et elle est morte sur le coup comme ses parents... Si seulement j'avais accepté qu'elle passe le week-end chez moi... elle ne serait pas morte... Si aujourd'hui elle n'est plus là, c'est uniquement à cause de moi...» en prononçant ce terrible aveu Minato ne put s'empêcher de pleurer toutes les larmes de son corps.

     

              Versant toutes les larmes de mon corps, ma tristesse refessa surface. N'assumant pas mon côté homosexuel, j'ai fait croire à une fille innocente et sincère qu'elle était toute ma vie, mais en vérité elle n'était qu'une personne que je considérais comme ma petite soeur. Mais je ne pouvais pas la blesser, elle était si douce et si gentille, comment aurais-je pu lui révéler la vérité pour ensuite apercevoir un visage figé par la tristesse ?... Shigure m'avait pris dans ses bras en me consolant. Il m'avait fait comprendre que ce n''était pas de ma faute et que je ne pouvais pas prévoir le drame qui s'est produit. Il m'a confié qu'il ferait tout pour m'aider, et que j'aurais surement fait encore plus de mal à Tatsuki si je lui avais tout révélé. Sans que je ne m'en rende compte j'avais révélé à Shigure mon homosexualité dans mes explications, mais au fond je suis sûr qu'il le savait déjà. Je n'arrêtais pas de pleurer, alors il avait pris ma tête dans ses mains et il avait essuyé mes larmes en souriant... un sourire que j'ai toujours aimé, un sourire que je veux garder pour moi. Je l'embrassai soudainement et sans me contrôler, il ne me rejeta pas et prolongea notre baiser passionner comme une heureuse retrouvaille. Sa bouche dévorait ma peine et ma tristesse, j'étais complètement transporté.

              Après ce rapprochement nous sommes allés dîner, mes parents étant invités chez des amis nous nous sommes débrouillés. Shigure était très doué pour cuisiner, je ne pouvais pas décaler mes yeux de ses préparations qui sentaient merveilleusement bon ! Afin de profiter nous avions mangé devant la télévision, on regardait une adaptation animé qui marchait très bien : Shingeki no Kyojin. Nous étions tellement captivés qu'on en oublier notre assiette ! Par la suite nous nous sommes laver les dents et nous avions enfilé notre pyjama. On pouvait se coucher tard car nous n'avions pas cours le lendemain matin, alors nous avons regardé un film puis nous sommes monté dans ma chambre après s'être mis en tenue adéquate pour dormir.

              J'étais assis sur mon lit avec Shigure, nous regardions les SMS d'une camarade de classe qui était très comique. pendant notre fou rire mon ami m'embrasse tendrement, de ce fait je posai mon téléphone. Je ne pouvais jamais refuser un baiser de sa part, mais cette fois-ci il me caressait le torse tout en étant très proche de moi, il me mordillait même les oreilles. Toutes ces sensations réunies je me sentis au paradis, et à ma plus grande stupéfaction mon corps réagissait lui aussi... Que faire ? C'est incorrect de réagir comme ça en plein câlinage... mais Shigure s'en était rendu compte et il m'avait dit dans l'oreille que c'était excitant de voir que mon corps réagissait si vite... Avant même que je puisse comprendre ce qu'il m'arrivait je m'étais retrouvé nu comme mon ami.

              Durant un sacré moment, Shigure et moi avons été unis au sens propre du terme ; jamais je n'aurais cru faire ce genre de chose avec un homme. Je ressentais ses soupirs brûlants sur moi, son corps lié au mien, le tout mélanger entre une douce mélodie de gémissements intenses. C'est en étant en parfaite harmonie que nous avons passé le plus extraordinaire et le plus sensuel des moments. Épuisez nous nous sommes endormis enlacés ensemble afin de rester proche même dans notre repos bien mérité.

              Le lendemain matin, nous étions un peu gênés de nos actes de la nuit passés, mais parfois on en rigolait ! Shigure s'était attaqué au petit déjeuner, c'était délicieux, rien que pour ça j'aimerais qu'il cuisine pour moi pour l'éternité. Sans que je sache pourquoi, il m'avait demandé de me lever plus tôt que prévu car il voulait m'emmener quelque part. Nous avons donc quitté ma maison en ayant notre tenue de lycée, je suivais de près Shigure, je ne savais pas où il allait m'emmener. Après quelques minutes de marche, j'avais réalisé qu'il m'avait amené au cimetière, mais pourquoi ?

              Nous traversions doucement cet endroit qui avait perdu son côté lugubre grâce au cerisier en fleur, l'harmonie et la sérénité régnaient avec les pétales dansants dans la brise. C'est lorsque Shigure s'est arrêté que j'ai réalisé que nous étions devant la tombe de Tatsuki. Il me regarda avec un sourire, afin de me faire comprendre que je devais prier pour le repos de ma défunte amie. M'abaissant devant la tombe je joignis les mains et, à travers mon esprit, je fis part de tout ce que je voulais dire à Tatsuki. Je lui confiai que je l'aimais beaucoup mais qu'elle était plus une petite soeur qu'une petite amie, que j'étais homosexuel et que je l'avais enfin assumé, ainsi que Shigure ne la remplacera pas, tous deux ayant une place très importante dans mon coeur. En me relevant j'embrassai Shigure, et en regardant la tombe je ressentis comme une brise de douceur m'enveloppait qui me fit penser à Tatsuki. Elle était là, et me remercier d'avoir eu le courage d'avoir révélé la vérité, oui, même si elle n'est plus avec moi je sais qu'elle veillera sur moi car je reste son doux amour. Après ce moment qui m'a marqué à jamais, nous sommes partis vers le lycée, pour continuer notre vie de lycéen et d'amoureux passionnés.

     

     

     

     

    Toi, que j'ai connu tout petit, tu étais mon seul et unique amour.

    Comme l'oiseau bleu qui apporte le bonheur, tu as toujours veillé sur moi.

    Tu étais partie mais tu es revenu, tu m'as aidé à avancer et à vivre pleinement ma vie. Désormais nous sommes liés à jamais, et «chaque jour que je passe avec toi est comme une nouvelle fleur qui pousse» : (Rihito Takarai)