• Remember & Forget

    Une fleur est-elle condamnée dès l'instant où elle naît ? Elle ne choisit pas où elle pousse, et son existence ne se résume qu'à deux choses : soit sa beauté donne vie à un paysage, soit elle tue la beauté d'un lieu alors on l'anéantie. Une fleur ne choisit pas où elle pousse, elle ne choisit pas sa fonction dans ce monde, et surtout ; elle ne choisit pas l'existence qu'elle va mener.

     

    Remember & Forget

     

     

     

    Chapitre 1

    La fleur de la forêt

     

     

              Le printemps était là, les douces couleurs du printemps rendaient le petit village de Sorinozuka doux et paisible. Les oiseaux perchés sur les cerisiers en fleur chantaient leur délicate mélodie comme pour inviter les pétales flottants à danser avec le vent gracieux. Les villageois quant à eux plaisantaient entre eux et les enfants en plein amusement donnés de la vivacité dans cette apaisante atmosphère. À peine l'aube ayant montré le bout de son nez, les femmes partirent travailler dans les champs, et les hommes allèrent pêcher ; Sorinozuka était un petit village paisible où la bonne-entente et la complicité donnée vie à cette petite communauté retirée dans les hautes montagnes.

    Cependant... Ce petit village en apparence serein et paisible, vivait dans une peur constante. Dans l'immense forêt qui entourait Sorinozuka vivait ce que tout le monde appellé «L'enfant de l'Apocalypse», ou encore «L'enfant du Mal». Lorsque les jeunes enfants voulaient jouer aux explorateurs dans la forêt, les anciens leur répéter toujours : «Dans la forêt lointaine, dans l'abysse obscure des arbres sinistres, vit le Mal incarné. Il donne la mort à n'importe quels êtres vivants qui s'approchent de lui.». Les questionnements des enfants envers cette forêt ne connaissaient jamais de réponse... La simple évocation de ce sujet figé le visage des villageois d'une terrifiante peur. Personne, absolument personne n'avait le droit d'aller dans cette forêt, du moins il ne fallait pas s'aventurer sinon la mort nous rattrapait sans que l'on puisse réaliser ce qui nous arrive.

              Parmi tous les jeunes enfants de Sorinozuka, il y en avait un qui était bien plus curieux que les autres et qui voulait voir de ses propres yeux ce que renfermait la forêt : Raito Mitsuko. Ce jeune garçon n'avait qu'une dizaine d'années et comme tous les garçons du village il laissait pousser ses cheveux, lorsqu'ils les attachés cela lui faisaient une petite queue semblable à une mèche derrière la tête. Ses cheveux étaient à la frontière entre le châtain et le roux, et ses yeux d'un sublime violet faisaient ressortir sous doux visage. D'apparence craintive, ce n'était pas un enfant qui semblait courageux, cependant un jour il tenta l'interdit... Une après-midi il décida de pénétrer dans la forêt avec comme seule arme, une petite épée de bois.

    S'engouffrant dans la ténébreuse forêt, le jeune Raito se sentait oppressé car il ne savait pas si «L'enfant de l'Apocalypse» était un humain ou une simple appellation d'une malédiction. Le vent hurlait et le feuillage des arbres était mouvementé comme si les feuilles se livraient une terrifiante guerre. Serrant sa misérable épée de bois, Raito s'enfonça de plus en plus dans la forêt et, à sa plus grande surprise, il arriva devant un rocher creusé qui formait une petite grotte. Mais ce qui vit le jeune homme le terrifia : toute la végétation aux alentours était morte, il ne restait que des lambaux de branches mortes. Malgré la peur qui s'emparait de lui,  il décida de se rendre près de la grotte et vit parmi des tas de feuilles, une jeune fille au doux visage et aux cheveux d'un intense noir. Surpris de voir une enfant de son âge dans la forêt il s'approcha d'elle : «Eh que fais-tu là au milieu de cette forêt ? C'est dangereux par ici, tu dois rentrer chez toi ! Et c'est quoi ce vieux tissu autour de toi ? Tu dois vite rentrer chez toi avant que le mal s'abatte sur toi.», dit Raito inquiet pour la jeune fille. Cependant, elle ne semblait pas comprendre ce que lui disait le jeune homme, elle ne prononçait aucun mot ; c'est alors qu'il comprit que la jeune fille ne parlait pas. Il se faisait tard alors Raito dû rentrer chez lui, il n'eût aucun mal à retrouver le chemin du retour, mais il ne pouvait pas s'empêcher de penser à cette jeune fille.

              De retour à Sorinozuka, Raito courût vers sa mère, enfin ce n'était pas vraiment ça mère car les parents du jeune homme sont décédés deux années plus tôt à cause d'un incident, mais il considéra vite sa nouvelle famille comme sa véritable maison. Se jetant vers sa mère en lui annonçant d'un air paniqué qu'il avait vu une fillette dans la forêt et qu'il fallait la sauver de la malédiction du mal, la mère de Raito lui dit quelques mots : «Pauvre enfant ! Tu ne dois jamais aller dans la forêt tu m'entends ? Jamais ! Tu veux mourir ou quoi ?!», le jeune homme alla se coucher en ayant de la peine pour cette jeune fille qui, selon lui, était exposé à un grand danger en restant dans cette forêt.

    Après cet événement où Raito a rencontré une jeune fille dans la forêt, il s'était mis à lui rendre visite tous les jours en lui apportant à manger et des vêtements. Au bout d'un certain temps, la fillette a appris à comprendre le langage humain et à l'utliser, c'est par la suite que Raito a su que son nom était Yamiko Ui et que c'était le seul souvenir qu'elle avait d'elle. Les deux enfants se voyaient tous les jours et le jeune Raito avait compris avec le temps que Yamiko ne voulait pas quitter cette forêt car pour elle s'était comme son foyer.

    Pendant un jour ensoleillé, Raito et Yamiko étaient ensemble, la jeune fille était partie cueillir des fleurs pour les offrir au jeune homme. Elle cueillit des fleurs pleines de fraîcheur et très colorées, elle avait le sourire aux lèvres de les offrir à Raito, elle courut pour lui apporter. Cependant, une fois la main tendue vers le garçon pour lui donner, les fleurs se mirent à faner instantanément puis elles se désintégrèrent. Devant ce court spectacle, le jeune homme comprit tout de suite que Yamiko, la jeune fille dont il s'est occupé pendant plusieurs mois était en réalité la fameuse «Enfant de l'Apocalypse», pour lui ça ne faisait aucun doute ; la végétation morte aux alentours du foyer de Yamiko, ainsi que les fleurs qui s'étaient désintégrées dans ses mains... Pris par une peur des plus terribles il finit par  s'enfuir en courant en laissant la jeune fille qui était au bord des larmes en voyant la seule personne à l'avoir aimé, partir au loin...

    En revenant à son village, le jeune Raito alla voir sa mère et lui demanda des explications sur la mort de ses parents, le jeune avait un pressentiment qui lui disait que Yamiko avait un rapport avec tout ça. La mère adoptive du jeune garçon décida, devant le désespoir qu'il affichait, à tout lui expliquer. D'après la femme, les parents de Raito étaient en voyage dans un village voisin afin d'y vendre des provisions. Mais le petit village fût décimé par une vague de mort qui tua tous les êtres vivants. Lorsque des gens se sont rendu là-bas, le seul survivant qu'il avait trouvé était un bébé qu'on ramena à Sorinozuka. Mais une fois arrivé dans le village, le nouveau-né fût entouré d'une aura noire qui consuma la vie d'une grande partie des êtres vivants autour de lui. Depuis ce jour l'enfant a été abandonné dans la forêt afin de se faire dévorer pour disparaître, mais mystérieusement cet enfant a toujours survécu et l'origine de ces phénomènes n'ont jamais pu être expliquées.

     

              Après ce récit de la part de sa mère, Raito cessa de rendre visite à Yamiko, il s'entraîna avec les autres enfants dans la voie du guerrier, bien décider à, un jour, se vengeait pour ce bonheur volé.

     

     

     

    Chapitre 2

    Le nom d'une fleur

     

     

              Je me souviens d'un trou noir... aussi obscure que le néant... aussi profond que l'abysse de l'océan... ce trou me faisait penser... à la mort...

              Un jour je me suis réveillée dans une forêt, je n'avais rien sur moi et je sentais un énorme vide en moi comme si je n'étais qu'une coquille vide, comme si... aucune vie n'était en moi. Avec le temps j'ai appris à marcher, au début se fût difficile mais maintenant j'y arrive sans mal. Le monde qui m'entourait était vivant : d'autres êtres qui ne me ressemblaient pas vivaient sur terre, dans l'eau et même dans ce grand espace bleu que je n'ai jamais su définir. Quand j'observais le monde autour de moi, je voyais les autres êtres se dévorer entre eux et ingurgiter un drôle de liquide que je voyais partout ; j'ai fini par me dire que pour eux ça devait être très important. Pour ma part, je n'ai jamais ressenti cette attirance d'avaler des choses pour les mettre dans mon corps...

     

              Un jour, j'ai voulu explorer ce monde inconnu et je suis arrivé devant un endroit très étrange : des êtres qui m'étaient semblables étaient tous ensemble et semblaient vivre dans des choses étranges ressemblant à un gros rocher carré. Ils semblaient bien s'entendre entre eux alors un jour j'ai décidé de me joindre à eux, mais lorsque je me suis approché ils m'ont rejeté en me jettant des pierres, d'autres semblaient avoir peur de moi et s'étaient mis à fuir... Ce jour-là je m'étais enfuis en prenant un doux tissu avec moi qui était accroché à l'endroit de ce lieu... 

    Après ce comportement envers moi, j'en avais conclus que mes semblables ne voulaient pas de moi alors je suis restée dans cette forêt. Ce bout de tissu étant la seule chose qui pouvait me permettre de savoir ce que j'étais réellement, je l'enveloppai autour de moi pour ne pas avoir froid.

     

              Dans la forêt où je vivais, il y avait une très belle chose : une grande surface de ce liquide que tous les autres êtres avalés. Tout autour il y avait de toutes petites choses colorées qui sentaient très bon, de temps en temps j'en prenais et j'en mettais à l'endroit où j'avais élu domicile, j'aimais beaucoup ces petites choses. Des fois, un être de la forêt qui était tout petit et tout doux venait me voir et passait du temps avec moi, je l'adorais ! Il était le seul qui venait passer du temps avec moi !

              Cependant un jour... alors que j'étais au milieu de ces petites choses que j'aimais tant... j'avais senti une énorme pression sur moi... je fermais les yeux en me serrant la tête pour ne plus avoir mal... et pendant un court instant je ne sentis plus mon corps et lorsque je repris mes esprits... je vis tout autour de moi... ces choses sans couleur, sans vie, en train de disparaître... je réalisai que j'avais anéanti ces petites choses que j'adorais... sans savoir pourquoi... Quelques jours après, tout recommença ! Le petit être était venu me voir d'un air joyeux... j'avais tendu ma main pour lui caresser la tête... mais lorsque ma main s'est posée sur lui... il s'est évanouie et il ne s'est jamais réveillé...

              Après ces événements j'ai passé beaucoup de temps à regarder le ciel, parfois dès que je touchais quelque chose de vivant elle disparaissait, et cela a provoqué la disparition de beaucoup de choses autour de mon foyer. Je n'avais plus envie de rien, je ne faisais plus rien, je ne bougeais plus de peur de faire disparaître d'autres êtres innocents. Mais un jour, sans que je m'y attendisse, un de mes semblables venants de l'endroit d'où j'avais été rejettée quelques mois plus tôt, était venu me voir. Il s'adressait à moi de façon étrange, je ne comprenais rien à ce qu'il essayait de me dire mais je voyais à son visage qu'il n'allait pas me repousser ni avoir peur de moi. Depuis qu'il m'avait trouvé, il venait tous les jours, et avec le temps j'ai fini par comprendre son langage et à l'utiliser, dorénavant je pouvais parler avec lui. C'est lui qui m'a tout appris : que ces petites choses que j'aimais tant s'appeler des fleurs, que j'étais un humain, que les êtres qui vivaient autour de moi étaient des animaux, que ce liquide qu'ils buvaient était de l'eau. En très peu de temps il m'a appris tout ce que je devais savoir pour comprendre le monde dans lequel je vivais, il m'apportait même des vêtements et de la nourriture. Mais jamais je ne la mangeais, je la donnais aux animaux ; malgré qu'il m'ait expliqué que de manger et boire était vital pour les êtres vivants, pour ma part je n'ai jamais ressenti ce besoin.

              Ce jeune humain venait me voir tous les jours avec le sourire aux lèvres, mais sans que je ne puisse le comprendre, et quoiqu'il soit un être vivant, jamais en le touchant ou en l'approchant je ne lui avais ôté la vie ! Peut-être que cette faculté ne fonctionne pas sur les humains ? Je n'avais pas de réponse, mais cela m'importait peu ; j'étais avec quelqu'un qui m'avait construit, quelqu'un qui m'a permis d'évoluer. Un jour, je me souviens que le soleil brillait très fort et qu'il était particulièrement de bonne humeur, alors j'étais partie cueillir plein de petites fleurs colorées pour que son sourire soit encore plus lumineux, et aussi pour le remercier de tout ce qu'il avait fait pour moi. Lorsque je lui ai apporté j'ai tendu ma main avec un grand sourire, cependant... lorsque ma main allait dépenser les fleurs dans la sienne... elles se sont mises à faner...et... à disparaître...

    Ce jour-là, la personne que je voulais faire sourire a afficher devant moi un visage terrifiant, puis il est parti en courant en me bousculant... J'avais les larmes aux yeux en voyant le seul être vivant à m'avoir aimé, à m'avoir accepté... le seul être à qui mon contact ne lui volait pas la vie... j'ai vu cet être me fuir...

     

              Depuis ce jour il n'est jamais revenu, au début j'étais triste mais avec le temps cette peine s'est transformé en haine ! Je voulais me venger qu'il m'ait abandonné, il était pour moi celui qui m'avait maintenu en vie ; sans lui je me serai laissé dépérir.

    Mon seul souvenir de moi était que je m'apellais Yamiko Ui... Mais désormais je sais deux choses : que ce garçon s'appelle Raito Mitsuko, et que moi, Yamiko Ui, je devais le retrouver afin d'accomplir ma vengeance pour m'avoir laissé tomber après autant de belles paroles.

     

     

     

    Chapitre 3

    Les fleurs divines

     

     

              Le soleil tapé fort sur la forêt près de Sorinozuka et Yamiko aimait ressentir cette douce chaleur sur elle. Cependant elle devait se mettre en route ; cela faisait trois mois que Raito n'était pas revenu et la haine qu'éprouvait la jeune femme ne faisait qu'accroître. Depuis quelques jours elle ressentait un instinct en elle qui lui disait où aller, un instinct qui voulait la guider, c'est pour ça qu'elle se mit en route vers les hauteurs de la montagne. La forêt où vivait Yamiko n'était qu'une toute petite partie de cette dernière qui s'élevait jusqu'au ciel, d'après les légendes les dieux logeaient au sommet, un sommet qu'aucun humain n'avait réussi à atteindre. Malgré ça, la jeune fille devait se rendre au sommet, elle sentait une voix l'appeler, pour elle c'était une obligation de s'y rendre, elle se mit en route.

              Sur son chemin la jeune Yamiko traversée des allées d'arbres, des étangs et parfois elle passait par un terrain vague très fleuri, et rien ne périssait à son passage. En effet, la jeune fille avait réussi à comprendre son pouvoir, la façon de le maîtriser lui est venu à l'esprit lors de ses gros moments de solitude. En se concentrant de toutes ses forces elle pouvait provoquer la mort, que ce soit sur une plante ou une forêt entière, tout n'était qu'une question de concentration ; par ce fait Yamiko avait acquis le savoir de contenir son pouvoir maléfique. C'est donc en ayant acquis cette faculté que notre jeune protagoniste se rendit vers là où son instinct la menait, elle escaladait des rochers, traversait les rivières et traverser les dangereux chantiers de montagnes. Désormais elle était arrivée dans une autre forêt situé bien plus haut que celle où elle logeait, cependant elle n'avait pas atteint le sommet qui était encore loin.

              Yamiko marchait au milieu de cette terre inconnue, elle ressemblait à une forêt banale à l'exception que des ossements d'humains et d'animaux couvraient le sol, mais la jeune fille n'était pas choquée car grâce à son don elle était persuadée que rien ne pouvait lui arriver ; mais elle se trompait.... Un tigre immense aux allures gracieuses se mit à sortir de l'abysse ombrage de la profonde forêt, même dans l'obscurité il scintillait. Prise par la peur face à une créature aussi extraordinaire, Yamiko utilisa son pouvoir créant une vague de mort tout autour d'elle ce qui provoqua la mort de tous les arbres dans un rayon de dix mètres carrés... mais le tigre lui, ne fût pas touché. Il s'approcha devant la jeune fille et se mit à remuer la queue en créant des ravales de vents assez puissants, à ce moment Yamiko comprit que cette créature n'était pas ordinaire, il prit subitement la parole :

     

    « Ton pouvoir est très révélateur ma jeune enfant.

    - Qui... Qui êtes-vous ?

    - Je suis Tora, la divinité du vent de ce village. Ces ossements au sol sont ceux des êtres ayant voulu pénétrer la terre divine. Je viens de voir grâce à ton pouvoir que tu es surement l'héritière de de Hizô.

    - Les dieux existent vraiment ?! Un ancien ami m'en avait parlé, je pensais que ce n'était qu'une légende... Et de quoi vous parlez, je ne connais aucun Hizô !, expliqua Yamiko.

    - Hizô était le dieu de la vie et de la mort, il a disparu et à céder ses pouvoirs à des humains. Je vais t'expliquer. Dans ce monde, les dieux ne vivent que si les Hommes croient en eux, plus la croyance est présente dans l'esprit des humains, plus nous sommes forts. Cependant, depuis quelques années les Hommes ne croient plus en nous, nous ne sommes plus que des légendes et nous nous affaiblissons. Hizô est le premier qui a disparu car les humains ne croyaient plus en lui. Afin que la nature ait encore des guides, il décida de céder ses pouvoirs à des humains. En voyant ce que tu as fait en me voyant j'ai tout de suite compris que tu étais l'héritière humaine de Hizô, expliqua Tora d'une manière très convaincante.

    - Alors ce serait pour ça que je me sentais attiré vers cet endroit... qui est la terre divine...

    - Non ce n'est pas ça. Cette voix qui te pousse à avancer n'est que la voix du destin. Le sommet est là où vivent les dieux pendant de nombreuses années, c'est là-bas qu'ils franchissent une étape qui n'est autre que le destin. C'est là l'endroit où tu dois aller.»

     

              À peine Yamiko ai eut le temps d'ouvrir la bouche que Tora la prit sur son dos afin de la mener au sommet. Elle ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait mais pendant le trajet le tigre Tora lui expliqua de nombreuses choses. Avant les humains faisaient beaucoup d'offrandes aux dieux, ce qui leur permettait de vivre. Mais le manque d'offrande faisait périr les dieux et Hizô était le premier à en souffrir. D'après Tora, Hizô était un dieu sous la forme d'un loup au pelage noir et blanc et il était considéré comme le dieu le plus puissant car il avait le pouvoir de donner la vie, mais aussi de la reprendre. Grâce aux nombreuses anecdotes du vieux tigre, la jeune femme comprit très vite qu'elle était en quelque sorte la réincarnation du pouvoir maléfique d'Hizô et que suite à cela elle était devenue la Déesse de la Mort. Tora lui confia également qu'il y a des centaines d'années il avait lui aussi dû passer une épreuve de sa destinée au sommet de la montagne qu'on appelait «Le Sommet des Dieux», il avait dû provoquer des tornades pour ravager les champs des hommes afin de les punir de leurs bêtises.

              Grâce à la discussion que Yamiko avait eue avec le vieux Tora, elle comprit tout ce qui lui était flou : si elle n'avait jamais ressenti le besoin de manger ou de boire c'est parce-qu'elle n'en avait pas besoin, le fait d'être la Déesse de la Mort lui donner l'impossibilité de mourir à cause d'un manque vital humain. Elle comprit également que son manque de souvenirs était dû à son pouvoir qui l'avait gardé endormit pendant plusieurs années. Et la chose qu'elle avait le plus retenue était que cela ne faisait pas quelques mois que Raito était parti, mais plusieurs années : Yamiko n'avait pas la notion du temps. Tous ces éléments aidèrent la jeune fille à éclairer certains flous de son esprit, elle avait désormais seize ans et son but était d'aller au «Sommet des Dieux». Tora la déposa devant une pente qui avait été créer suite aux nombreux passages de dieux, elle devait monter tout en haut afin d'être confronté à son destin. Descendant du dos de l'immense tigre, elle lui caressa la joue et lui confia quelques mots :

     

    « Merci beaucoup Tora de m'avoir accompagné jusqu'ici et de m'avoir raconté toutes ces histoires. Tu m'attendras ?

    - Je crains que cela soit impossible ma jeune Yamiko. Je vais devoir redescendre. mais tu pourras venir me voir de temps en temps si tu le souhaites.

    - D'accord ! Mais tu ne m'a jamais dit, pourquoi mon pouvoir n'a pas fonctionné sur toi ?, se demanda la jeune fille.

    - Tout simplement parce-que les pouvoirs divins ne fonctionnent pas entre dieux. Si deux dieux se battaient avec leur pouvoir, l'équilibre du monde sera perturbé, tu comprends ?, expliqua le vieil animal.

    - Oh je comprends ! J'y vais, je te rejoins dès que j'ai fini.»

     

    Yamiko se mit en route vers le sommet qui se mélanger avec le ciel. Elle montait la pente au courant car elle avait hâte de savoir ce que le destin lui réservé, elle montait toujours plus haut au point d'avoir traversé les nuages. Lorsqu'elle atteint le sommet qui se situait au-dessus des nuages, elle vit un plateau géant rond, entouré de piliers de pierre avec des animaux sculpter dedans. Mais lorsqu'elle observa ce mystérieux endroit, elle vit un peu plus loin un jeune homme roux... Il s'agissait de Raito Mitsuko !

     

     

     

    Chapitre 4

    Deux fleurs qui périssent

     

     

              Yamiko vit Raito en face d'elle... Elle ne savait pas si elle devait crier et lui fonçait dessus pour aller se venger, ou si elle devait se contenir. Mais avant que les deux humains ne réagissent à la vue de l'autre, une lumière les frappa et les enveloppa, lorsqu'elle se dissipa elle laissa place aux deux adolescents sous la forme d'un kimono, puis deux épées tomba du ciel et se plantèrent dans le sol devant chacun d'eux. Yamiko avait compris, son destin était de se battre avec l'adversaire qui était en face d'elle, elle devait se battre contre Raito ! Elle prit l'épée dans sa main, tout comme le jeune homme, elle n'avait jamais manié l'épée mais bizarrement le simple fait de toucher l'épée lui donna toutes les connaissances nécessaires pour se battre avec cette épée divine.

    Raito fût le premier à s'élancer ! Il cria dans sa foulée et mania son épée avec une grande agilité, mais Yamiko avait réussi à contrer son attaque. La rage poussa le jeune homme à parler :

     

    « Je te hais ! Tu as tué mes parents ! Tu m'as volé mon bonheur ! Je ne te le pardonnerai jamais ! Je vais te tuer ! Je vais te tuer tu m'entends !!

    - Je ne me souviens pas avoir tué tes parents ! Et ne t'inquiète pas je te tuerai avant que tu aies le temps de comprendre ! Tu m'as abandonné alors que tu me disais que tu serais toujours là pour moi ! »

     

              Ils continuèrent de s'attaquer mais chaque coup était contré, mais Yamiko réussi à blesser Raito au bras en lui faisant une entaille, mais ce dernier réussit également à en faire une sur la joue de la jeune fille. Ils prirent du recul afin de reprendre leur souffle, mais Yamiko tendit ses mains grandes ouvertes vers Raito et lança une vague de mort droit sur lui. Lorsque l'aura noire se dissipa Raito n'avait absolument rien, un sourire au coin de sa joue exprima ses paroles : « Je suis Raito Mitsuki, héritier d'Hizô. Je suis le Dieux de la Vie.». Face à ces paroles la jeune fille était stupéfaite, son destin était alors de combattre sa moitié, mais pour quel but ? Il ne doit rester qu'un seul héritier d'Hizô ? Au final, Yamiko n'en prêtait pas beaucoup attention alors elle fonça vers Raito, leur affrontement continuait avec des parades, des contres attaques ; le choc des épées l'une contre l'autre résonnait au sommet de la montagne, mais également sur la Terre.

    Les deux héritiers d'Hizô s'affronter depuis déjà quelques heures, ils étaient essoufflés et ils ne tenaient presque plus sur leurs jambes, ils avaient de multiples plaies sur le corps et les lames de leurs épées étaient devenues rouges. Ils se préparèrent à s'élancer, pour la dernière attaque, pour conclure cet affrontement. Ils s'élancèrent de toute leur force vers l'autre, tendant leur sabre vers le corps de l'autre... en un instant ils furent tous les deux transpercés par l'épée de l'autre, les lames couvertes de sang qui s'écoulait au sol. Raito prit la parole, profitant de ses derniers instants :

     

    « J'ai réussi... je me suis vengé... mes parents pourront reposer en paix... tout comme les autres êtres à qui tu as pris la vie... Tu n'as pas à avoir... le droit de prendre la vie... personne n'a le droit...

    - Tu donnes la vie... personne ne doit la donner... Et puis j'ai été endormie... pendant plusieurs années... mon pouvoir s'est éveillé par lui-même...

    - Peu importe... tout est fini maintenant... mon destin était de t'affronter... et d'en mourir...

    - Notre destin est le même... nous sommes tous les deux les héritiers... d'Hizô...

    - C'est assez risible comme situation... J'aurais préféré ne pas savoir... qui tu étais réellement..., annonça Raito en s'effondrant au sol.

    -  Oui... mais c'est le destin..., dit Yamiko à son tour au s'effondrant également au sol.»

     

              Les deux jeunes héritiers, au sol, commencé à se désintégrer en scintillant. Malgré leur courte vie qui s'est fini d'une manière tragique, ils avaient tous les deux le sourire aux lèvres. Alors qu'elle se désintégrait, Yamiko réalisa que Raito n'était qu'une victime du destin ; tout ce qu'il a vécu était décidé d'avance, il n'avait pas le choix de la haïr tout comme elle le haïssait, au fond d'elle Raito était une personne qu'elle aimait, la seule qu'elle aimait. Selon elle, elle allait retrouver Raito au paradis, dans les plaines dorées qui ne peuvent pas mourir, elle le rejoindra dans un monde où ils seront réunis à tout jamais.

    Raito quant à lui, se désintégrait lui aussi en repensant à tout ce qui lui était arrivé. En commençant par sa douce vie avec sa famille puis celle à Sorinozuka, et surtout, de sa rencontre avec Yamiko, pour lui elle était très belle et d'une gentillesse rare. S'il l'avait fui c'était en partie par peur de mourir, en voyant le visage désespéré de la jeune fille il avait compris que ce n'était pas de sa faute mais il avait peur. Avec le temps il s'était créé une haine mensongère, en vérité il ne haïssait pas Yamiko car son pouvoir avait tué ses parents, il haïssait ce pouvoir en lui-même, il voulait qu'il laisse la jeune fille sereine pour qu'elle puisse vivre normalement. cependant, il s'est est rendus compte que sur ses derniers instants, il se rendit compte qu'il s'était forcé à oublier Yamiko alors que cette dernière s'était efforcé de se souvenir de lui.

              Les deux jeunes humains se désintégrèrent en petites lumières qui fusionnèrent avec le ciel, ce qui laissa place à un ciel magnifique, laissant le «Sommet des Dieux» à la vue de tous. Tora, regardant le ciel comprit que sa jeune protégée était à l'origine des raisonnements qu'on entendait, et qu'elle en était morte. Le destin de ces deux humains était de vouer une haine mensongère pour l'autre, afin d'en mourir.

              Deux fleurs se sont éteintes, elles n'ont pas choisi ce que l'avenir leur réservé, elles se sont haïes et leurs pétales sont devenus des fragments de haine. lorsque ces fragments se sont retrouvés, ils ont dépéri en réalisant que l'un sans l'autre ils n'étaient rien.

     

     

     

    Une fleur pousse sans but précis, jusqu'au jour où elle rencontre sa voisine l'autre fleur. Même si l'une est arrachée car elle maudit un paysage, celle qui reste donne de la vie à ce dernier. Malgré tout ce qu'elles peuvent ressentir, deux fleurs qui s'aimaient finissent toujours par se retrouver.